Le blues de l'Institut

Publié le par Saint Epondyle


9 septembre 2007, 10h00.
Depuis deux mois, j’ai le baccalauréat, avec mention. Je sais bien ce qu’est le travail, je suis efficace, je n’ai peur de rien. Invincible. Autant dire qu’aujourd’hui, pour mon entrée à l’IUT, je ne suis pas le moins du monde effrayé. Bien entendu, c’est ma première rentrée hors de ma ville natale, j’ai mon appartement, je ne connais personne. Et puis je connais cette ville, Le Havre, j’y ai de la famille, j’y suis venu depuis mon plus jeune âge, en vacances chez mes grands-parents.
Naïf que j’étais, j’aurai du me douter de quelque chose.

Les hostilités avaient pourtant débuté la veille ; arrivé de Rouen avec mes parents pour amener mes affaires dans mon appart, un studio de 23 mètres carré, j’avais eu l’horreur de découvrir que celui-ci était inondé. Sans entrer dans les détails, les eaux usagées de mes charmants voisins d’au dessus se déversaient chez moi. J’ai donc vécu 6 semaines chez mes grands-parents en début d’année.

Déjà ébranlé par cet épisode franchement désagréable, je me pointais sur le quai Frissard à 10h, en attendant de voir à quoi m’en tenir, autant du niveau des cours que de celui des gens.

 

10 mars 2009, 22h12.
Enfin rentré. Après avoir fini à 18h, normal, j’ai été obligé d’aller chez Sarah pour finir le boulot que nous présenterons Jeudi à l’oral, moitié en anglais, moitié en espagnol. Ceci finit, je pourrais me consacrer aux 6 autres groupes dont je fais partie. Il ne reste que 3 semaines de cours avant le stage ; le calcul est vite fait : je dois finir deux projets par semaine, avec présentation orale et rendu de dossier, sachant que nous trainons certains de ces projets depuis octobre.

Techniquement, si on prend un emploi du temps de la semaine, qu’on le remplit de nos 35 heures de cours habituelles -et les modules optionnels que personne n’a en commun-, qu’on essaie de placer toutes les réunions que nous devons faire pour avancer dans nos projets, je rajoute personnellement mes heures de conduite, jusqu’à 6 par semaine, et ma préparation aux concours, et bien techniquement, ça ne rentre pas. Curieusement, depuis 2 ans, ça passe quand même, de manière difficile, mais ça passe.

Car nous étions naïfs, en ce lundi 9 septembre 2007, quand nous nous croyions invincible. Cela ne fait pas si longtemps, même si j’ai l’impression que cela fait des siècles. Depuis, sous les coups de boutoir de notre prof de marketing, les milliers de travaux à mener de front, les centaines de groupes de travail, les milliards de mails envoyés et reçus, nous avons bien été forcés d’évoluer. Finalement, je me rends compte que je n’ai, du point de vue du travail en tout cas, plus rien à voir avec ce que j’étais au lycée.

Nous nous sommes très bien faits à la vie à l’IUT, ses locaux, ses profs ; et bien sûr les autres étudiants. Aujourd’hui je connais tout le monde, de ma promo et des autres promos, à part les premières années. Nous sommes chez nous au troisième étage, tous autant que nous sommes, dans les salles que nous n’hésitons pas une seule seconde à investir dès que besoin. L’IUT est notre deuxième maison, la première pour certains.

Mais aujourd’hui, une vérité arrive, tangible, inévitable. Une vérité contre laquelle il n’est pas de remède, si cette vérité est un mal.

Cette vérité, c’est que dans un mois, un tout petit mois, c’est fini.

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Kaa-chan 12/03/2009 12:00

Mais... mais... Tinou... Dit pas ça ! T-T Même si c'est la vérité, c'est super triste quoi. Ptain mais c'est trop pas drôle...Rha non hein, je ne pleurerai pas ! Quoique...Méchant, va ! :p