[Manga] Death Note

Publié le par Saint Epondyle



Je l’avais promis, voici donc mon avis sur le manga Death Note, que je viens de finir de regarder en animé. Le premier avantage, suffisamment rare en matière de manga pour qu’on le signale, c’est que l’histoire est terminée, en 37 chapitres et que par conséquent, le tout se tient à peu près, va quelque part et se finit. Nombreux sont les collègues de ce manga, je ne citerai pas Naruto par exemple, qui ne peuvent s’en vanter.

Bref, l’histoire de Death Note – littéralement « le cahier de la Mort », comme quoi la langue de Lovecraft à parfois du bon – est basée sur le postulat suivant : « Un lycéen japonais lambda, bien que grosse tête, découvre un beau jour un cahier lui permettant de tuer toute personne dont il connait le visage et le nom, simplement en inscrivant ce dernier dans ledit cahier. » Une fois ce synopsis posé, le personnage principal du nom de Light Yagami décide d’utiliser le cahier pour supprimer les criminels et créer un « monde parfait » dans lequel seuls les gens bons auraient droit de vivre. Dès lors s’engage un duel entre Light et la police mondiale, guidée par une sorte de super-enquêteur : L.
Le duel entre les deux nous fait prendre la mesure de notre misérable score d’INT, puisque chacun des personnage prévoit la liste de ses actions futures en déduisant de ses propres suppositions les pensées précises de l’autre : « Si L sait que je suis Kira, il n’hésitera pas à me dire qu’il souhaite disputer une partie de tennis avec moi car il saura que je déteste perdre ; toutefois il est possible qu’il sache que je sais qu’il me soupçonne et que par conséquent il me suspectera, en jouant au tennis de faire exprès de ne pas être vexé de ma défaite. Par conséquent, je vais jouer au tennis contre lui en étant furieux si je perds, chose que je n’espère pas car je déteste perdre, pour qu’il ne se doute de rien. Ainsi, libre à lui de penser ce qu’il veut, sachant que de nombreux lycéens n’aiment pas perdre et que cela ne fait pas pour autant d’eux des assassins. » Finalement, trop de coup de théâtre finissent par rendre totalement vaine et vexant le fait d’essayer de deviner la réaction des protagonistes, puisque ceux-ci ont en réalité des trentaines de cartes dans leurs manches et que chacune provoque totalement un tel revirement de situation que la balance ne penche plus : elle fond. Finalement, le lecteur – spectateur dans mon cas – est un vrai consommateur qui se contente de suivre le fil sans rien essayer  d’anticiper.

Côté attachement et identification aux personnages, zéro. Light est un personnage totalement creux, les policiers qui enquêtent sur Kira sont stupides, L est un dieu d’intelligence mais pas très fouillé au niveau de la personnalité, Missa est débile, N et Mello sont parachutés. Au niveau de la personnalité et de la dimension psychologique qui seraient réellement les points forts de ce manga, il n’y a rien. Chacun est aussi jusqu’au-boutiste qu’un vulgaire samouraï de shonen qui se plante son katana dans le ventre toute les trois pages et aucun  ne change d’avis, d’allié ou d’intime conviction entre le moment ou il apparait et la fin. Il est réellement dommage d’ailleurs que Light en particulier échafaude les plus terribles machinations en manipulant, tuant, faisant se suicider et faisant soupçonner autrui sans jamais subir le moindre remord ou le moindre petit dérangement mental. Un tel cahier aurait en réalité ce type de conséquence, mais peut être que le but recherché par l’auteur est plus une sorte de duel mental qu’une lente plongée dans la folie, que j’aurai personnellement fort apprécié.

Mais après tout, force est de reconnaitre qu’il me faut me garder de trop de critiques et rendre à César ce qui est à César – notez que je ne cite pas moins que Christ. Bref, j’ai avalé les 37 épisodes de Death Note en trois semaines, ce qui prouve que d’une part l’intrigue et le rythme sont suffisants pour me happer relativement vite et durablement et d’autre part que je suis fort dur avec quasiment tout, et aussi avec ce qui me plait. Autrement dit ce manga m’a bien plu pour son côté divertissant et prenant, mais je n’ai pas été transcendé au point de décider de m’offrir la collection des 12 volumes du manga. Je conseille néanmoins Death Note en manga ou en animé car après tout, ne juge-t-on pas toujours mieux soi même ?

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Jenny 01/10/2009 21:09


J'avais aimé l'anime en le voyant. Après lecture de ton article et tentative de remémoration de ce qu'il s'y passe, c'est vrai que finalement il ne m'a pas marqué outre mesure. Deux ans après, il
me reste la vague impression que Ryuku (désolée si j'écorche le nom) était sympathique et une envie manger des pommes...

Je ne sais pas si je vais continuer à venir lire tes articles s'ils doivent rabaisser dans mon estime des choses qui m'avaient laissé une bonne impression. :p


Saint Epondyle 04/10/2009 22:43


Hé hé, chacun ses goûts. Mais personnellement j'aimerai bien que mes goûts ne te dégoutent pas de mon site...

:D 


Mein_jab 27/09/2009 23:00


Après avoir visionné l'anime en entier, je peux confirmer certains points de ta critique. Je suis d'accord sur le vide relatif qui constitue les personnages et je ne peux qu'approuver ta remarque
sur la possibilité de sombrer dans la folie après de tels actes. J'attendais également une trace de remords, une remise en question, un doute, une conflictualité entre ses idées et son
ressentiment, mais ... rien. Un fanatique, plongé corps et âme dans sa lutte purificatrice. Bon, pourquoi après tout! Je ne nie pas avoir été entrainé par l'histoire et avoir regardé avec avidité
la première partie d'une traite. Seulement la première? Oui. J'ai l'intégralité des épisodes mais n'ai pas vraiment apprécié [Attention: Spoiler!] l'histoire post-mortem de L. Les personnages de N
et M sont ridicules. Une pâle copie de L, avec des tics tout à fait risible (Oh mon dieu, il a sorti une tablette de chocolate et a mordu violemment dedans!). D'accord, c'est peut-être un signe qui
indique que le personnage a encore un pied dans sa jeunesse, mais pour moi, c'était le détail de trop.
Je tiens à préciser avoir trouver la scène [Attention: Nouveau Spoiler!] entourant la mort de la femme de Rey Penbar très émouvante. Cette fatalité qu'on sent venir mais qui ne se montre pas avant
la fin, on se met même à espérer...
Cela reste un bon divertissant mais ne justifie pas un investissement dans les mangas. (Avis tout à fait personnel)


Saint Epondyle 04/10/2009 22:46


Oui, je suis d'accord, autant en ce qui concerne la tablette de chocolat (et aussi les jouets de N) que la scène de la femme de Rey.

La seconde partie est vraiment facultative, même si se borner à la première tronqué réellement l'histoire. 


Alexander 26/09/2009 09:36


Je pense mon cher Anton que au vu de ta recente passion pour H.P. tu réagis trop en fonction des problèmes de folie. Non je suis intimement persuadé que tuer des gens ne provoque pas de dérangement
mentaux surtout si on est persuadé que c'est pour la bonne cause. Tu deviens si tu ne l'étais pas avant un rien monomaniaque. Mais pour le reste je te fais une confiance aveugle, tu es un critique
a la dent dure... 


Saint Epondyle 04/10/2009 22:47


La dent dure peut être, la passion pour HP surement, mais je pense réellement que des actes comme ceux de Light dans l'animé devraient laisser des traces.