[Article communautaire] Question de format(s)

Publié le par Saint Epondyle

 

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Voici donc la concrétisation d’un projet de la communauté de blogs dont je fais partie « Le coin des rôlistes ». L’idée est simple : publier chacun un article sur son propre site personnel sur un thème commun et mettre les articles en réseaux après publication, dans le but de publier une sorte de webzine les regroupant à la fin. La question aujourd’hui est celle du ou des formats idéal(aux) pour notre passion.

Le format classique est évidement celui des gros blockbusters, plus ou moins imposé par les maisons d’édition et s’articule toujours autour d’un ou plusieurs gros pavet(s) de règles et de Background suivis d’une flopée de suppléments pointant du doigt quelques points particuliers. Néanmoins, les jeux se distinguent de plus en plus par leur format ; un petit retour sur les jeux que je connais semble s’imposer.

C’est en passant chez mon revendeur habituel samedi dernier que j’ai pu constater avec une horreur absolue la sortie du Manuel des Joueurs III et de l’équivalent du Libris Mortis II pour Donj 4. Déjà, dans la version que je possède, c'est-à-dire la 3.5, les suppléments étaient légion et souvent plus inutiles les uns que les autres, voire lorsqu’ils étaient pertinents, inutilisables du fait de l’éparpillement des informations et de leur surnombre qui les rend inexploitables. Ici, nous atteignons un sommet jusque là seulement rêvé par les éditeurs donjesques, puisque nous ne comptons pas moins de 8 livres de base et 18 suppléments pour donj 4, en ne comptant que les sorties actuelles et en prenant en compte le fait que la plupart de ces ouvrages sont des seconds voir troisièmes opus (Guide du Maitre II, Manuel des Joueurs II et III, Comptoir de l’Aventure II, Dracomicon II etc…). On nage en plein délire mercantile puisque les joueurs capables d’acheter et de lire tous ces ouvrages sont évidemment minoritaires, et je ne parle pas de ceux qui arriveraient utopiquement à exploiter toute l’information contenue dans ces pages dans leurs parties. Si Donj doit mourir un jour, je professe à l’instant que ça sera du fait de son engorgement dans des règles d’un poids cyclopéen, contenues dans la non moins cyclopéenne montagne des suppléments qui sortent par benne chaque semaine des usines de WOTC.
Néanmoins, le découpage initial en trois volumes des règles et du BG de Donj est assez pertinent, bien qu’onéreux pour le joueur. Les premiers ouvrages nécessaires est le Manuel des Joueurs, qui apporte l’ensemble des règles nécessaires pour jouer, le Guide du Maitre, dont les pages sont remplies de conseils et d’outils utiles pour créer une partie de A à Z, et le Manuel des Monstres, qui donne clés en mains les principales figures du bestiaire donjesque (du Gobelin au Tyrannoeil, en passant par l’Illithid, le Dragon et quelques morts vivants). Si évidemment on peu contester le fait de nous lier les mains en nous forçant à acquérir trois volumes différents avant la moindre partie, je pense que ce découpage se justifie également dans le fait que Donj est souvent le jeu d’initiation par lequel les innocents plongent et les Meujeux émergent, tel que ce fut mon cas.

Si on occulte le cas Donj, on peut remarquer que la plupart des jeux s’organisent autour d’un livre de base (d’environ 300-400 pages) qui permet de jouer et d’un certain nombre de suppléments permettant l’accès à de nouveaux outils, de nouvelles pistes de scenarii, de nouvelles options pour les joueurs. Néanmoins tous les jeux ou presque ont leur spécificités.

L’Appel de Cthulhu (v6), est l’archétype de cette organisation. Au livre de base très complet et parfaitement utile pour jouer immédiatement s’ajoutent des suppléments par pays ou par ville des USA (Les secrets du Kenya, les Secrets de San Francisco, Les secrets de la Nouvelle Orléans) ou des suppléments sur des points précis (Malleus Monstrorum, Forensic, Profiling & Serial Killers). Selon moi cette organisation est assez peu pertinente puisque le fait de se procurer un supplément sur un lieu précis « cloisonne » le jeu et limite un des meilleurs aspects du jeu, celui de pouvoir adapter le Mythe dans n’importe quelle époque et n’importe quel point du globe.

COPS est un réel cas particulier, puisque le jeu a été conçu clairement comme une grande Histoire (la campagne) au sein de laquelle se jouent de multiples petites histoires dans lesquelles sont impliqués les joueurs. Les suppléments sont donc organisés chronologiquement et chacun apporte à la fois des précisions sur le background, des outils, mais aussi l’évolution de l’univers de jeu au sein de scenarii. Finalement, l’ensemble des suppléments pris dans l’ordre, ajoutés au livre de base, permet de jouer une campagne gigantesque dans laquelle le monde du jeu évolue énormément et les personnages finissent par flirter avec des intrigues politico criminelles de haute volée.
Cette perspective est extrêmement alléchante bien entendu, mais le temps, l’argent et la motivation nécessaires pour suivre sur le très long terme une campagne d’un jeu unique avec des joueurs réguliers ne m’a jamais paru imaginable. Néanmoins, le concept de jeu évolutif est excellent.

Vampire le Requiem, adopte une forme particulière puisqu’il s’inscrit dans l’univers du Monde des Ténèbres, sorte de reflet sombre du monde réel contemporain. Une fois acquis le livre de base du Monde des Ténèbres, tous les univers qui y sont associés et qui utilisent les mêmes règles deviennent accessibles au seul prix d’un livre supplémentaire, apportant les compléments de règles et d’univers indispensables. Ainsi les univers de Vampire, Loup-Garou, Mage et les autres (qui ne sont pas tous traduits utilisent le même système de jeu, celui du Monde des Ténèbres. Peu de suppléments existent, même s’il est possible de se procurer des ouvrages concernant l’univers du jeu.

Un autre format intéressant est celui des JdR amateurs, toujours plus légers que les pavets officiels et pas moins créatifs. Du petit livret (30-100 pages) à la figure de style consistant à créer un jeu complet en une seule page, tous les formats existent. La seule limite demeure l’imagination.

>> Cet article fait partie d'un projet communautaire inter-blog. N'hésitez pas à aller consulter les articles de mes associés concernant le même sujet :

L'article de la Taverne Au Bon Rôliste
L'article de Dataripper
L'article des Pages JdR de Stef 

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Saint Epondyle 24/05/2010 18:49



J'ajoute que 3 articles communautaires ont été écrits sur ce sujet. N'hésitez pas à aller visiter mes chers confrères en suivant les liens disponibles au bas de l'article.