Être ou ne pas être un geek (1)

Publié le par Saint Epondyle

Images d'après The 56 Geeks de Scott Johnson
Terme à la mode sans l’être tout à fait, « geek » est avant tout un néologisme sur la définition exacte duquel personne n’arrive à se mettre d’accord. Pour celui qui ne connait pas le terme, soi la majorité de la population des 35 – 95 ans, le mot ne signifie simplement que les jeunes sont décidément dérangés et font courir à sa perte la langue de Molière en y intégrant des emprunts faites à celle de Shakespeare, mais issus de la version contemporaine. Pour tout un chacun qui connait le terme, le geek est simplement un féru d’informatique et de nouvelles technologies. Par exemple, le fait de comparer les performances d’une carte ATI Radeon HD 2900 avec celles d’une NVidia geforce 9800 gtx est un signe de geekisme qui trompe relativement peu. Plus largement, on pourrait définir le geek comme une personne passionnée par un domaine en particulier, toutefois certains domaines uniquement sont concernés. En effet, on ne dira pas des 85% de la population masculine française qui se passionne au quotidien pour les exploits formidables du FC Lens face à Sochaux en cent quatre vingt deuxième de finale de la énième journée de ligue 4 qu’elle est geek ; parce que cette passion est autant partagée qu’a mon sens inexplicable et grotesque. Aussi, je rajouterai à titre personnel que pour être geekisable, une passion doit être relativement marginale, soit par le nombre de ses pratiquants, c’est le cas du JdR, soit par son haut niveau de technicité, comme la biophysique par exemple. Sont également concernés les domaines qui furent à la pointe de la mode à un moment donné et qui, pour de nombreuses raisons, sont tombées dans une ringardise et un oubli soir relative soit totale ; a ce niveau, je ne puis que citer Star Trek et les Pokémons en guise d’exemples.

Enfin, et vous noterez juste après que mon avis semble partagé, le geek se distingue nettement du no-life (personne n’ayant aucune vie sociale et coupée du monde par une allocation de temps excessive à sa passion ou son travail.) par le fait que le geek partage. En effet, le geek forme une communauté avec tous ceux qui partagent sa passion, le nombre de ces communautés à évidemment explosé avec Internet. Par exemple, un geek de jeux vidéos, un « gamer » pourra sans problème partie de communautés, de groupes, de guildes et de forums en ligne lui permettant de partager avec ses pairs une même passion et, dans le cadre des jeux massivement multi-joueurs, de jouer avec eux. A l’inverse, un  no-life pourra jouer au même jeu seul, pendant des heures, des jours, des semaines, des mois voire des années dans le seul but de faire évoluer son personnage vers le haut, de gagner de la puissance, des niveaux, des objets et de grimper dans tous les classements possibles afin d’arriver et le cas échéant de rester en tête de la liste, avec autant de « points » que de décimales de pi.

Bref, après cette petite introduction de sociologie de comptoir, je vous propose de nous pencher sur la définition donnée du phénomène par l’entité semi divine qui dispense au monde le savoir, la raison, la vérité et de nombreux secrets ; l’incarnation du savoir infini sur cette terre, le détenteur généreux de toutes les connaissances des hommes, le Grand Echiquier de la Vérité face à l’inculture, le dernier mais infranchissable rempart contre l’ignorance ; j’ai nommé Wikipédia :

« Un geek ([giːk]) est une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis. C'est un terme emprunté à l'anglais. Le terme "geek" est employé dans le domaine de l'informatique et plus largement tout ce qui touche aux technologies si bien que de nombreuses personnes font l'amalgame entre les geeks passionnés de hautes technologies (les technophiles) et les geeks en général.
L'archétype le plus célèbre du geek est celui du jeune (ou de l'adulte resté jeune) féru de sciences, de nouvelles technologies et d'univers fantastiques (des super-héros à la science-fiction en passant par l'heroic fantasy). Il s'étend aujourd'hui de plus en plus fréquemment au monde du jeu vidéo (particulièrement aux MMORPG), aux jeux de rôle ainsi qu'à l'univers fantastique littéraire et/ou cinématographique, et plus généralement à l'informatique. Il y a souvent confusion entre les geeks et les nolifes, celle-ci est généralement mal perçue par les « vrais » geeks.
En effet, la principale différence entre geeks et nolifes est que les geeks forment une communauté, qui se regroupe sur Internet et dans le monde réel. Les no-lifes, eux, ne sont attirés que par eux-mêmes. De plus, si un geek est passionné dans un domaine, il le travaillera avec acharnement, mais cela restera dans le domaine des loisirs. Un nolife empiètera sur ses relations sociales pour se livrer à son activité, au contraire du geek. » (Wikipédia)

Difficile à la lecture de cette parcelle de raison pure de ne pas se reconnaitre, soi et ses amis, dans mon cas au moins. Ceci dit, je ne conçois aucune honte ni aucun regret à l’idée de pouvoir être classifié dans cette catégorie où, on l’a vu, on peut réellement trouver de tout. Aussi, je pense que la fierté et le sentiment d’appartenance peuvent être déterminants dans le domaine du geekisme et que c’est eux qui permettent peut être de trancher dans le cas de quelqu’un qu’on hésite à classer comme geek ou pas.


Je pense que les geeks ont cette faculté de se rencontrer les uns les autres quand ils demeurent dans un groupe plus ou moins grands. Ainsi, même sans passion pour le même domaine, la structure même de la passion et sa manifestation serait peut être une manière de trouver des affinités. Mes amis possèdent quasiment tous au moins un domaine d’intérêt classifiable comme domaine geek. A ceux-ci viennent s’ajouter ceux qui sans passion particulière aiment à fréquenter les « marginaux », ceux qui parlent de choses qui n’intéressent qu’eux, ceux qui appartiennent à une communauté plus ou moins déclarée, plus ou moins visible, plus ou moins marquée, ceux dont je pense faire partie et qu’on appelle des Geeks.

Publié dans [Culture Geek]

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