Le retour du bourrinisme

Publié le par Saint Epondyle

Mon projet du moment est une campagne en quatre chapitres pour l’Appel de Cthulhu, jeu d’horreur lovecraftienne sur lequel et sur le génie duquel je ne reviendrais pas pour le moment. Après avoir lancé la campagne par un « Au nom du Père » plus cérébral que réellement angoissant ou aventureux, j’envisage de continuer avec le chapitre second « La voie des Anciens », nettement plus aventureux et plein de découvertes, prochainement. Toutefois, notre projet de faire ce chapitre lors des vacances de la Toussaint est confronté au fait que les agendas n’aidant pas, les joueurs auront plus que du mal à se déplacer pour participer. Aussi, puisque nous n’envisageons pas de passer la moindre semaine de vacance sans qu’une séance soit prévue, car rappelons le notre table est aujourd’hui dispersée aux quatre vents,  nous conclûmes la semaine passée d’organiser une partie en one-shot de notre compagnon de jeu de toujours, ami des grosbills, des joueurs débutants et archétype vivant de la non-prise-de-tête, j’ai nommé : Donj.

Ainsi fut dit, ainsi fut fait, et Dieu vit que bon cela était.

Comme il me revient de préparer la partie du 31 octobre prochain, jour de l’Halloween s’il en est – le hasard ne fait il pas bien les choses, en état de manque rolistique aigue et blasé du comportement de mes pairs lillois dont  les seuls centres d’intérêt se résument dans les trois mots « soirées, alcool et sport », je prends en charge avec enthousiasme l’organisation de mon scénario : Légion.
A l’heure ou plus que jamais je prône le roleplay sans fin, ou je soigne mes scénarii au niveau de l’ambiance, du scénario et des PNJ, je crains que Légion ne soit l’exception qui comme il se doit, confirme la règle.

J’assume.

Pesant tous les éléments que sont le temps dont je dispose pour la préparation, deux semaines et demi, le temps pendant lequel nous joueront, un jour maximum, les joueurs qui participeront, le noyau le plus dur possible, le cœur du cœur, la table originelle qui joua quasiment six années sans discontinuer et surtout le jeu auquel nous nous adonnerons, Donj, notre premier jeu et, dans le cœur de certains, le meilleur voir le seul valable (mais je m’avance peut être), je ne puis que comprendre la situation peu banale dans laquelle cette partie va nous plonger. Dire que la boucle est bouclée serait sous entendre un fin, que j’espère lointaine voir ne pas être destinée à exister un jour, aussi préférerais-je l’expression de « retour aux sources ». Bref, la meilleure solution à mes yeux pour préparer une partie de Donj en one-shot avec des donjistes non seulement confirmés mais en plus sur motivés, dopés jusqu’à l’os et vitaminés comme pas deux, est de prévoir un scénario tapant avec force et conviction dans l’épisme le plus échevelé, assumé, revendiqué. Ce scénario permettra à chacun de nous de nous lever dans notre armure scintillante sur un promontoire de pierre enflammé, cape flottante et cheveux ballotés par un vent acre et humide du sang de nos ennemis et, notre glaive d’or, de nacre et d’argent à la main, de prendre une inspiration à plein poumons, fermant les yeux sous la bruine sanglante pour ne pas voir le ciel enflammé par le chaos semé par notre combat sans fin ni but et d’enfin les rouvrir pour contempler les milliards de sbires stupides et grotesques de nos ennemis, claudiquant comme autant de Profonds dans une ruelle d’Innsmouth une fois la nui tombée – mais je m’égare – afin de nous faire subir un sort terrible et de crier d’une voix profonde ou transparaissent sans qu’on puisse dire comment autant d’émotions peuvent transparaitre dans aussi peu de mots, fougue, rage, colère, enivrement du combat, espoir, bienêtre martial, terreur, tranquillité, repos - mon âme est enfin en paix -, mépris de l’opposant et euphorie : « Oui, je joue à Donj ! ».



Les plus sagaces lecteurs auront dès lors compris que je revendique ici plus que jamais un retour à l’épique, au combat et aux batailles dont le monde dépend. Si d’ailleurs votre sagacité ne connait nulle limite, vous remarquerez d’ailleurs que « bataille dont le monde dépend » n’est que la somme de « combat » et de « épique », mais passons.
Effectivement, en aussi peu de temps il est difficile et inopportun de tenter un scénario complexe et nécessitant des qualités d’investigation, et je ne parlerais même pas des histoires basées sur les relations entre les personnages, sur l’intrigue et sur les dénouements à la « c’était donc toi ! ». L’inoportunité de la chose est d’autant plus flagrante que c’est justement le type de scénario que nous jouons dans Dies Irae actuellement. D’autre part, après avoir conclu de jouer à Donj, je décidai unilatéralement mais suivi à l’unanimité de mes joueurs, de préparer un scénario loin des débuts boueux propres aux aventuriers débutants de Donj ; aussi nous envolons nous dès lors vers le niveau 17, offert comme cadeau de départ aux joueurs qui pourront enfin utiliser « LE » sort mais également au meujeu, j’ai nommé, moi, qui pourra se lâcher sans arrière pensée ni résidu d’altruisme aucun en choisissant ses monstres, opposants, méchants, gentils, pièges et cadres de la partie.

Ce scénario n’est en aucun cas une remise en question des schémas « horreur-enquete-roleplay-qu’onm’apporteunbrandy-vampire-cthulhu-maisputainfaitesduroleplaymerde! qui me plaisent d’habitude, et qui me plaisent toujours, c’est plutôt un exercice de style entre joueurs de Donj confirmés dans lequel le fun et le délire s’exprimeront dans une mélopée d’acier, de sang et d’effets pyrotechniques de haut niveau, sans aucune suite ni raison de se priver. Les inspirations de ce genre de scénario seront bien évidentes aux yeux avertis du monde de l’heroic fantasy, j’ai nommé par exemple Requiem, Chevalier Vampire, la Caste des Meta-Barons, Lanfeust de Troy et les excellentes Chroniques de la Lune Noire.

Aussi, cher lecteur, te donnais-je rendez-vous très vite pour te tenir au courant des suites de cette partie qu’il me faut pour le moment préparer avec précision, car le chaos demande beaucoup de préparation et d’organisation.

Mon nom est Légion,
Car nous sommes nombreux.
LE 31 OCTOBRE 2009

 

Publié dans [Chroniques]

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Funky 21/10/2009 17:16


j'ajoute à ta tirade que seuls nous, joueurs autrefois réguliers à cette table, sommes capables de comprendre tout le sens de la phrase " pyrotechnie de haut niveau ", et pour preuve un tableau
veleda parcouru de cicatrices rouges et chaotiques. Car sans nul doute, l'effervescence se déchaînera sur tous éléments matériels de la salle mais aura pour foyers nos cerveaux de joueurs en manque
de jeu de rôle.

que l'aube soit rouge ! gloire ! qu'on m'apporte un brandy !


Saint Epondyle 21/10/2009 18:58


Gloire !


Alexander 18/10/2009 22:16


Le noyau le plus dur hein? Mouais cela me semble presque schimastique mon cher Epon mais passons... Tu ne trouves plus assez d'excuse pour lacher sur les joueurs sans défense sinon leur esprit
retors, leur mauvaise foi et le fameux mais non moins inutile "Mais c'est deuguelasseeeee!" une horde de méchant plus bourrin les uns que les autres si ce n'est pas l'environnement qui se chargent
de les tailler en piéce... Je suis décu de ne pas pouvoir participer a cela d'autant que Donj et moi ... (suspense suspense...) J'espère que cela sera aussi mémorable que cela parait devoir
être.
Oh j'allais oublier je suis heureux d'apprendre que le schéma" qu'onm'apporteunbrandy" te plaise et ne sois pas remis en question.
Courage et que le Chaos s'abatte sur les malheureux qui aurons eu la folie de s'aventurer en ces terres!!!!


Saint Epondyle 19/10/2009 18:09


Comprenons nous bien ; le noyau le plus dur ne t'inclue pas de fait, pour une raison historique évidente. Par "noyau le plus dur" j'entends évidemment le noyau avec lequel je
commençai il y a maintes années à explorer les possibilités donjesques qui, n'en doutons pas, sont nombreuses.
Bien entendu j'aurai préféré que tu puisse participer, je sais que je n'ai aucun besoin d'insister la dessus pour que tu le saches.

Nous ne t'oublions pas et porterons un toast à ton honneur de normand exilé au dela des frontières de la civilisation qui, affirmons-le, est grand.

En te donnant rendez vous en décembre à Damas,

 E