[Manga] Fullmetal Alchemist

Publié le par Saint Epondyle

 

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Les enseignements qui se font sans souffrance n’ont pas de réelle valeur.
Ainsi ne peut-on rien obtenir, sans faire de sacrifice.

 

Fullmetal Alchemist est un manga écrit par Hiromu Arakawa et publié en France par Kurokawa ; dont 22 tomes sont publiés en France au jour d’aujourd’hui, et dont le 23° est prévu pour jeudi prochain. Découvert par le plus grand des hasards à l’époque où j’avais le temps de flâner dans une grande librairie dont je tairais le nom, j’ai immédiatement accroché à l’intrigue de FMA et fait le fou pari sur l’avenir d’acquérir lesdits tomes, en espérant que les suivants à paraitre ne seraient pas décevants. Grand bien me fit, puisque les trois tomes en question sont parfaitement ridicules en termes d’intrigue, d’épisme, d’action et d’attachement aux personnages si on prend en compte les 19 suivants. Pari réussi.

Fullmetal Alchemist est un parfait exemple du style SteamPunk qui m’est cher : les montres à goussets, les trains à vapeur, les chapeaux haut-de-forme, les moustaches et les costumes trois pièces y côtoient un fantastique très original, incarné uniquement par l’Alchimie. L’esthétique générale est soignée, l’univers est fictif mais très occidental par les noms des personnages, les décors, les costumes, les villes. Le pays principal ou se déroule l’action : Amestris, est une sorte de croisement entre l’Allemagne d’avant la Grande-Guerre, l’Angleterre Victorienne et le Japon contemporain (du fait des filles de seize ans en minishort, en particulier). Le tout est rendu par le graphisme très soigné, réaliste et expressif de la mangaka. Un détail qui contribue à ancrer l’univers en occident plutôt qu’au Japon : les onomatopées sont traduites dans la version française, se qui permet d’éviter les doubles pages barrées d’un immense idéogramme, comme dans certaines autres séries.

Sous un manque de crédibilité perçu inhérent au manga, ce qui est un tort mais Naruto et Saint Seyia s’acharnent parmi d’autres à ancrer la perception de la bande-dessinée japonaise du grand public dans le domaine des mouflets, les thèmes abordés sont graves, voire même franchement durs. Si bien sur les personnages sont coiffés avec des pétards, arborent de grand yeux et parlent comme des charretiers  comme dans la plupart des mangas, il est faux de croire celui si accessible aux plus jeunes.


Les thèmes abordés sont variés, les plus récurrents étant la dictature, la perte d’un être cher, le génocide ou encore la dictature ; d’autre part les thèmes récurrents du shonen (manga d’aventure pour garçon) sont présents aussi comme la vengeance, le dépassement de soi, la promesse faite à autrui, la fraternité et l’indépendance face à l’autorité. La construction d’ensemble est hyper classique du shonen, c'est-à-dire qu’elle évolue linéairement en créant de nombreuses questions dans l’esprit du lecteur, en faisant soupçonner des choses sur les personnages et en faisant progresser l’histoire d’ensemble. Les réponses sont apportées au fur et à mesure par des flashback, des revirements de situations et des révélations afin de nous tenir en haleine jusqu’au bout. Même si les personnages sont assez manichéens, on pardonne la facilitée par leur originalité et le fait qu’on s’y attache rapidemment. Il est important également de noter qu’au contraire d’un Naruto ou d’un Dragon Ball, le combat existe sans être le pilier du manga ; la quête des héros n’est absolument pas de « devenir [les plus] forts » et tous les personnages réagissent comme des humains et pas comme des samouraïs-sculptées-pour-la-guerre-avec-une-classe-d’enfer-et-sans-sentiment.

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De l’histoire je dirai peu pour éviter de détruire le suspense. Les deux héros sont de jeunes frères, Edward et Alphonse Elric, pratiquant l’alchimie et partis sur les routes pour tenter de réparer leurs erreurs du passé. Après le décès de leur mère, les deux frères décidèrent pour « la ramener » de braver le plus absolu des interdits imposé aux alchimistes : ne pas tenter de recréer un être humain. Après avoir payé un très lourd tribut pour s’être cru aussi puissants que Dieu, ils se jurèrent de réparer leur erreur par eux même en poursuivant leurs recherches en alchimie. Ces recherches sont censées leur permettre à terme de créer le plus puissant des artefacts : La Pierre Philosophale, capable de rendre immortelle et d’exaucer tous les souhaits.
 A cette situation de départ, déjà tragique, s’ajoutent les intérêts de nombreux personnages pour la Pierre des Philosophes. Les héros apprennent rapidement que non seulement la Pierre existe déjà mais qu’en plus le gouvernement militaire du pays, coupable d’un génocide sur sa propre population, est largement mouillé dans des recherches inavouables la concernant.
De fil en aiguille, l’histoire devient épique et à la grande se mêlent les histoires personnelles des personnages : Ed, Al, Mustang, Winry, Hawkeye, Scar, Hohenheim, Lin, Ranfan et tous les autres.
A la fois tragique, épique, intelligent, dynamique et drôle, le manga Fullmetal Alchemist ne doit pas être considéré comme un amuse-ado de plus mais bien comme un œuvre à part entière qui se détache des autres shonen par un scénario poussé et une esthétique qui lui est propre.

L’animé Fullmetal Alchemist : Brotherhood est distribué en France par Dybex.com, il repred exactement l’intrigue du manga (contrairement au premier animé, franchement moyen, qui lui en déviait complètement). Comme Dybex est parfaitement altruiste, il permet aux internautes fauchés que nous sommes tous un peu de regarder l’ensemble des épisodes, en streaming, gratuitement, sur Dailymotion. C’est très bon, et c’est par ici.

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