Tranche de vie

Publié le par Saint Epondyle


Mélancolie, mélancolie. Rien ne laissait supposer a la même période il y a trois ans ; alors que je commençais ma Terminale ES et m’apprêtais à passer le bac à la fin de l’année que je pourrai regretter « l’après lycée ». Il est clair et net que je si je regrette et mélancole souvent à propos du lycée, période bénie s’il en est où entre autres réjouissances les séances de JdR étaient quasiment hebdomadaires, je me prends également à regretter maintenant mes deux dernières années, passées comme chacun l’a en tête à l’IUT sur le quai Frissard au Havre.
En disant cela il n’y a guère à ma proche famille, destinataire principale mais non exclusive de mes élégies, celle-ci m’a fait part de sa surprise. Surprise qui causa la mienne car j’étais persuadé que chacun savait que j’avais grandement apprécié en particulier la seconde et dernière année dans cette petite structure familiale ou j’ai pu travailler et vivre au jour le jour avec des condisciples qui devinrent pour certains des amis. Etant donné les faits et par souci de juste affirmation des choses, je devrais même dire « qui devinrent pour certaines des amies ». Bref. Il se trouve que j’ai peu, voir pas dit à la majorité de mes amis de lycée (le « groupe ») et à ma famille proche que je me sentais bien là bas, dans le froid et la tempête, dans cette ville à fort mauvaise réputation et dont une part de ladite réputation n’est pas totalement volée, dans cet emblème des villes de France où le profane ne veut pas habiter, dans ce morceau de terre attaché au continent mais aussi battu par les vents les plus glaciaires et les vagues les plus creuses de la Manche que le plus obscur et cyclopéen sanctuaire dédié à Dagon de la mer d’Irlande. Pourtant c’est vrai ; je suis aujourd’hui loin de ma Normandie, au cœur du Nord : à Lille, et je mélancole sur l’année dernière, sur les gens que je rencontrais là bas, sur les professeurs-copains et même sur les cours eux-mêmes, avec presque pas d’exception.
L’école de commerce à laquelle j’appartiens aujourd’hui est une usine anonyme, dans laquelle les légions d’étudiants se massent à l’instar d’adorateurs grotesques titubants vers des professeurs et des « soirées ESC » dressées en idoles comme s’ils s’agissaient de statues mégalithiques préhumaines retrouvées dans les ruines d’une ziggourat basaltique retrouvée au cœur de la jungle cambodgienne. Les cours se suivent et se ressemblent, nous buvons le savoir qu’on nous dispense à propos d’économie, de compta, de droit, de langues. Lorsque vient le temps du divertissement, nous sommes censés nous ruer vers les open-bars hors de prix au cours desquels je cite : « on peut vraiment tout faire, sans aucune retenue, on est que avec des gens de la promo qui nous connaissent. Si tu veux vomir, tu peux. Chier, tu peux, c’est vraiment unique comme sensation ! » (Véridique). Non merci, ça ira.

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