Chroniques Rolistiques

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  • : Roliste ou non, soyez le ou la bienvenue sur mon site personnel, dédié aux jeux de rôles. Je relaterai ici régulièrement les différentes étapes de ma vie de roliste, ainsi que mes avis sur les jeux auxquels j'ai été amené à jouer. Bonne visite !
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Anthologies

Mardi 22 septembre 2009



Ébranlée par les vives tensions qui furent les siennes, notre table devait redémarrer après une partie pourtant courte. Ces tensions, relatées dans le chapitre quatrième, étaient dues à un gros problème d’adéquation entre ma conception du Jeu et celle de deux joueurs, incapables de libérer du temps pour les parties et de s’y intéresser une fois sur place. Il est à noter qu’a cette époque et pour longtemps après encore, le JdR était à notre table pris franchement au premier degré et ne devait pas être pris à la légère. Nous étions encore bien jeunes.

Afin de compléter la table dégarnie, puisque seuls y demeuraient trois joueurs, je recrutais Sim, ami de longue date intéressé par la chose et, encore à ce jour, accro ; et ma petite sœur, également intéressée, que nous appellerons Goomo car c’est ainsi qu’elle se nomme. Sim et Goomo se forgèrent des personnages aussi creux que ceux qui étaient déjà présents, un prêtre demi-elfe du nom de Myeliac pour le premier et une roublarde gnome du nom de Googy pour la seconde. Afin d’initier ces deux joueurs et de continuer sur ma lancée, j’écrivis un scénario très classique de prise de pouvoir par une armée secrète. Rien de très intéressant dans le scénario lui-même si ce n’est un méchant dont le nom restera à jamais dans les mémoires : Menhelen.

Menhelen est un ancien militaire ayant quitté l’armée pour monter son propre groupe et décidant un beau matin d’envahir le pays non sans l’avoir au préalable déstabilisé en le frappant à la tête par une série d’assassinats. Bref, c’est avant tout un guerrier mystique en armure qui, de par sa stature de « premier vrai méchant » à notre table, fut on ne peut plus admiré et craint par les joueurs. Epaulé par son bras droit incipide, Danlès, Menhelen finit par trouver la mort une première fois au sommet d’une tour battue par les vents et la pluie drue, mais ce ne fut que partie remise puisque Menhelen fit son grand retour peu de temps après sous la forme d’un vampire machiavélique et fut, une fois de plus, tué par les joueurs lors d’un scénario suivant. Le premier affrontement fit entrer en grande pompe la notion de « fin épique » à notre table. Un vent de changement était proche puisque bientôt après, la notion de RolePlay – soit de personnalité de personnage – commença à faire sortir notre table du Porte-Monstre-Trésor.

Par Saint Epondyle
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Mardi 30 juin 2009

Fort de cette première expérience, je décidais donc de continuer l’aventure en prenant le rôle de Meujeu. Jusque là ni les joueurs ni moi n’avions de réelle expérience dans l’exploration des possibilités énormes du donjisme. C’est vers Noël 2003 que j’acquérais les deux livres suivants du jeu D&D 3.5 : Le Guide du Maitre et le Manuel des Monstres. Autant de pages remplies d’idées et de ressorts utilisables lors de mes parties. J’étais fort impatient.

Comme cadre à mon scénario, je créais une petite ville, capitale d’un pays en partie désertique. Pour faciliter une prise en main rapide et convenue, la ville était bien évidemment dirigée par un bon monarque, passablement aveugle et impuissant, mais bon tout de même.

Mon scénario, qui dura entre quatre et six séances je crois, était construit sur la base suivante : Un barde fort talentueux fait son apparition en ville. Au bout de quelques semaines, il commence à se faire de plus en plus apprécier et finit par jouer en personne devant le gouverneur de la ville. Toutefois, tenez vous bien, sous cet idylle apparent se cache en réalité une terrible machination ! En effet, le barde est en réalité la face visible d’une organisation secrète, composée et dirigée par de sinistres vampires, dont le seul et unique but est de s’emparer du pouvoir en corrompant l’esprit du bienveillant gouverneur par des sortilèges de manipulation mentale, distillés par le barde lors de ses représentations. Or, un dragon bienveillant à réussi à mettre au jour cette machination. Pour la conjurer, il doit engager un groupe capable de se fondre dans la population de la ville, par souci de discrétion.

Aussi basique soit-il, voici mon premier scenario. Celui-ci s’organisait autour de deux donjons principaux : une forteresse du désert et un égout glauque plein de vampires. J’avais d’ailleurs supprimé un grand nombre de capacités de vampires afin de permettre aux joueurs niveau 1 de les affronter. En effet, dans D&D, le vampire possède un niveau de difficulté de 8 et aurait tout bonnement écrasé mes pauvres personnages. Ici pas de problème et les vampires tronqués firent une admirable chair à canon.

A côté de ce scenario, qui vaut ce qu’il vaut, la partie à connu certaines difficultés, d’ordre relationnelles et organisationnelles. Certains joueurs n’avaient pas compris que ce type d’activité demande un investissement temporel important et  étaient incapables de se motiver. D’autre part, quand ils étaient présents, ils ne pouvaient pas se concentrer sur la partie plus d’une petite demi-heure. A la suite de joutes verbales et de disputes relativement violentes, je rappelle que nous n’étions qu’en troisième, Clem et Ben quittèrent la table de jeu. Ils devaient être rmplacés, au scénario suivant par Sim et Goomo.

Par Saint Epondyle
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Mardi 26 mai 2009

Une fois la dream-team composée, seule nous manquait la partie. Comme je l’ai déjà précisé dans les chapitres précédents, mon frère avait alors joué une partie en tant que Joueur, et ni moi ni les autres joueurs (voir le chapitre second) n’avions joué. Autant dire que nous n’avions qu’une vague idée de ce qu’était le JdR ; et je ne parle même pas de notre absence de maitrise des règles du jeu. Malgré tout la motivation était là.

Or nous jouâmes une partie, Frosty en Meujeu, en une après-midi d’automne. Je serai court car je ne me souviens de quasiment rien de la partie en question. Quand je repense que tel fut la première séance de ma vie, je regrette réellement de n’avoir pas pris note, ni gardé de souvenir. Et pourtant.

Je jouais alors Arthus Gondh, prêtre d’Héroneus, niveau 1. Equipé comme un guerrier de cuir et d’acier, ce dernier dut se contenter d’une petite vie sans intérêt dans la ville sans nom dans laquelle nous évoluâmes. Je me rappelle être allé faire quelques emplettes, parmi lesquelles une lance et une lanterne sourde. Faible ambition.

Je me souviens également de Clem le rusé que le Roleplay de voleur poussa à aller cambrioler un appartement de la ville. Corde, grappin, et hop, par la fenêtre. Primaire me direz-vous ; mais je ne me souviens absolument pas de la suite de ce larcin.

Bien sûr je lance un appel ici à tous ceux qui étaient là à l’époque ; leurs souvenirs m’intéressent pour compléter ce récit plus qu’embryonnaire.

La classe préparatoire n’attendit pas que nous finissions la partie pour monopoliser Frost. Il ne fut donc pas en mesure de nous faire jouer plus d’une séance et je dus reprendre le dur rôle de Meujeu. Je crois pouvoir dire aujourd’hui que j’ai relevé le défi puisque nous jouons encore aujourd’hui, à l’époque sans que nous ne le soupçonnions, nous nous trouvions à l’orée d’une longue et riche période de Jeu ou se succédèrent les aventures, avec plus ou moins de succès.

Sans maîtriser la moitié des règles de D&D 3.5, je me lançais dans la conception d’un scenario assez court et très, très convenu dans le plus pur style du Porte-Monstre-Trésor. Je décidai également de créer un monde rudimentaire et d’en tracer la carte pour servir de cadre à notre jeu. Aussi imparfait que fut ledit scénario, qui fera l’objet du Chapitre Quarte de mes Chroniques, il eut le mérite d’actionner la grande roue et de la faire entrer dans un mouvement d’imagination, de création, de Jeu, de rires, de délires et de pleurs que j’espère plus que jamais perpétuel.

Par Saint Epondyle
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Dimanche 10 mai 2009


A la rentrée de septembre 2003, j’avais résolu de me procurer un premier livre de règles du jeu Donjons & Dragons 3 afin de me rendre compte par moi-même de quoi il retournait. Dans le même temps, je commençais à réunir un groupe d’amis proches pour lancer ma première partie. La tâche était ardue : je devais recruter des joueurs pour pratiquer un jeu dont finalement j’ignorais tout, car je n’avais alors jamais joué.

Je me présentais donc, un jour de septembre 2003, à mon magasin de JdR, cartes et mangas préférés à Rouen ; j’ai nommé le Bazar du Bizarre, pour le pas le citer. Là, je m’emparai du Manuel des Joueurs et me dirigeais vers la caisse. Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque le gérant du magasin m’arrêta net, et me déconseilla d’acheter le livre que je convoitai ! En effet, comme me l’indiqua le gérant en question, la nouvelle édition de Donj, l’édition 3.5 était annoncée pour très bientôt. Il me proposa donc d’attendre seulement la fin de la semaine pour faire mon achat, sachant que je pourrai alors bénéficier de la toute dernière parution, mise à jour et augmentée.

C’est ainsi que je fus l’un des premiers possesseurs en France du Manuel des Joueurs 3.5, le jour même de sa sortie. Le jour même de mon achat, j’entrepris de lire ledit manuel de A à Z ; ce que je fis en quelques jours. Les 350 en quelques pages de ce livre me passionnèrent autant que m’angoissèrent. Comment allais-je pouvoir me souvenir de tout ? Comment pourrais-je réellement organiser une partie ? Comment cela allait il se passer ? Comment réagirais les joueurs ? Avant tout, il fallait encore les trouver, les joueurs.

Naturellement, je décidai de proposer à mes amis les plus proches de l’époque de participer.

Zouz, nouveau copain rencontré en cours de latin (comme quoi ça aura servi à quelque chose ; spécial dédicace « C’est du vândalisme ! ») fut le premier à qui j’ai proposé de jouer. Aucun regret de ce côté, puisque Zouz est aujourd’hui encore au moins aussi atteint que moi par le virus JdR. Connaissant déjà Baldur’s Gate et les RPG vidéo en général, Zouz fut tut de suite tenté par cette expérience nouvelle.

Je proposais également à Matt, autre bon copain de l’époque, perdu de vue depuis à cause de son déménagement, de faire partie des nôtres. Celui-ci accepta également directement, ce qui me renforça dans ma quête de 2 autres joueurs. J’avais en effet fixé à 4 le nombre des joueurs que je souhaitais ; 4 est le meilleur nombre de joueurs possibles pour jouer à Donj, à fortiori pour commencer à Donj, Jeu conçu pour 3 à 5 joueurs environ.

Naturellement, j’embauchais Clem, pivot du groupe dont j’étais un électron annexe à l’époque, car je n’envisageais pas de ne pas lui proposer de jouer. Il faut bien comprendre qu’à cette époque, l’ensemble du groupe tournait uniquement autour de Clem, qui en passait tout son temps à faire le con pour attirer les regards. C’était un « meneur » ; Zouz et moi l’appelions alors le Gourou. Toujours est-il qu’il accepta de jouer. Il devait rester peu de temps.

Recherchant mon dernier joueur, je fus confronté à un événement inattendu : Ben vint me voir au détour d’un couloir et me dit que lui et Gregou (inséparables) étaient partants pour tenter l’aventure du JdR. Sauf que je ne les connaissais pas. Ben et Gregou étaient dans ma classe, ils étaient assis à côté de moi et Matthieu à certain cours et nous discutions un peu, mais sans plus. Par politesse, mais très embarrassé, j’acceptais. Je fis bien.

Juste après mes recrutements, je convoquais mes joueurs par groupes de deux, pour créer leurs personnages (Respectivement : Koren, Wilbies, Clem le rusé, Ben et Graig le nain). Je demandais à mon frère de m’aider à faire les personnages en question, vu mon peu de maitrise des règles du jeu. Là-dessus, ce dernier me proposa de nous faire carrément jouer une partie complète de Donj, afin que nous puissions voir de quoi il s’agissait réellement. Cette partie ne devait connaitre qu’une seule séance, puisque Frost commençait à cette époque sa première année de classe préparatoire et que le temps était amené à lui manquer sérieusement.
Après la création des personnages, franchement approximatifs au niveau des règles, et totalement inexistants au niveau du Roleplay, nous étions enfin prêt à nous embarquer pour l’imaginaire.



A titre de souvenir, voici la composition du groupe de l’époque, lors de la première séance.  Je publie tout ça à titre de souvenir, même si aucun des personnages suivant ne rattrape les autres :
Koren – Ensorceleur (1) Humain – Familier Chat – Interprété par Zouz
Wilbies Dagfire – Rodeur (1) Halfelin – Seul personnage jamais interprété par Matt à notre table
Clem le rusé qui sais tout volé (orthographe en VO) – Roublard (1) Humain – Seul personnage interprété par Clem
Ben – Paladin (1) Elfe – Interprété par Ben
Graig – Guerrier (1) Nain – Dont le leitmotiv est la ressemblance avec Gimli, du Seigneur des anneaux – Interprété par Gregou – Graig le nain est le perso de notre table qui fut joué le plus longtemps de tous.
Arthus Gonth – Prètre d'Héroneus (1) Humain – Sans commentaire – Interprété durant une séance, dont je ne me souviens quasiment rien, par moi.
Par Saint Epondyle
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Jeudi 7 mai 2009


Tout commença un obscur jour d’été en l’an de grâce 2003, quelque part en Basse Normandie, où je passais mes vacances en famille. Ayant finis mon année de Quatrième, je m’apprêtais à entrer en Troisième.

Collégien de base, j’étais comme beaucoup de mouflets de mon âge relativement sensible aux Jeux Vidéos et aux films et séries issus de la média culture américaine Je citerais en particulier Warcraft, Starcraft, Baldur’s Gate et Morrowind. J’avais déjà été relativement familiarisé aux univers d’héroïc-fantasy par les cartes Magic, un jeu de carte créé par Wizard of the Coast (WOTC), dont j’étais un joueur et un collectionneur fervent, tout comme mon frère et mon cousin. Toutefois, même en étant passionné par les cartes Magic, je souhaitais me diversifier. Pour ainsi dire, je me cherchais une réelle passion, praticable avec les gens de mon âge de manière régulière, car je jouais somme toute assez peu aux cartes. C’est tout naturellement que je réfléchissais à me lancer dans l’aventure passionnante mais pécuniairement délicate que constituait (et constitue toujours) le jeu de figurines star, créé et distribué par Games Workshop : Warhammer.

Or, les moyens financiers dont je disposais du haut de mes quatorze ans ne me permettaient pas de me lancer dans cette nouvelle activité sans une réflexion préalable, posée et attentive. En effet, la conception d’une armée de Warhammer demande d’acheter les figurines, dont certaines sont très chères et de les peindre avec minutie et exactitude par rapport à l’univers du jeu. Suffisamment de temps et d’argent seraient potentiellement investit dans cette activité pour me faire réfléchir avant de passer à l’acte. L’idée de pouponner ma petite armée, de la faire évoluer avec le temps et d’affronter celle de mes amis me plaisait vraiment, c’était pour moi le stade supérieur des cartes, puisque cette fois les armées étaient visibles et matériellement existantes lutot que simplement dessinées sur des cartes. D’autre part, il faut avouer que le jeu en question était très à la mode au collège.

Après être allé plusieurs fois dans des boutiques spécialisées dans les Warhammer à Rouen, j’avais conclu que c’était bien le jeu auquel je voulais jouer ; et décidais donc de passer à l’achat d’une troupe avant de poursuivre avec le temps, pour faire grossir les rangs de mes soldats.

Je me rappelle fort bien de cette nuit, où je dormais sur un matelas pneumatique en vacances, au pied du lit de mon grand frère. En effet, lors de cette nuit d’été, toute la famille était réunie dans une seule maison et la place manquait. Toujours est-il que dans l’obscurité de la chambre, j’exposais mon projet non encore concrétisé à mon grand frère. Quel ne fut pas le revirement de situation salvateur que cette discussion allait engendrer !

En effet, Frost m’expliqua longuement son point de vue sans concession sur le jeu Warhammer ; il m’exposa l’aspect marchand du jeu en question, qui pousse les joueurs à racheter toujours de nouvelles figurines hors de prix sous peine d’être exclu du cercle des « vrais fans », il souligna qu’au bout de quelques mois j’aurai fait le tour des autres joueurs de mon entourage et que je devrais rejouer indéfiniment les mêmes parties jusqu'à me lasser, enfin, il ajouta qu’il avait déjà joué aux Warhammer et que les règles du jeu étaient approximatives, irréalistes et basées de manière trop importante sur la chance. Son avis ayant toujours été très important pour mes choix, je tombais des nues et perdit quasiment d’un coup mon entrain pour les Warhammer. J’ouvre ici une petite parenthèse pour préciser qu’aujourd’hui, j’ai pratiqué une fois ce jeu et qu’effectivement, Frost avait raison sur un grand nombre de points. On notera également que certaines de ces figurines en métal coûtent vraiment des prix exorbitants. Je ferme ici la parenthèse.

Après avoir sans le savoir démonté un de mes gros projets du moment, Frost embraya en m’expliquant un jeu auquel il avait joué récemment : « Comme Baldur’s Gate II, mais pas sur ordinateur. » Un de ses amis de toujours, Pix, avait initié Frost et d’autres de leurs amis à un jeu de rôle dont je ne connaissais rien : Donjons et Dragon 3. Là dessus Frost m’expliqua en détails sa partie en une séance, les interactions entre les personnages, les intrigues, le Meujeu… Si je ne retenais pas ma fougue d’écriture épico-dramatique, je formulerais ainsi ma conclusion : « A ce moment, le JdR fit son entrée dans ma vie ou, chanté par les Walkyries des âges anciens, je l’attendais depuis toujours sans toutefois en avoir conscience. »

Par Saint Epondyle
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